La plume d'un écrivain ne connait du monde aucune frontière, pas plus qu'elle ne connait des genre les barrières. Par trop ceux qui en littérature se prétendent savant veulent à grand prix
enfermer les plumes en des cases étroites. la vérité est que je n'ai jamais été un homme à ainsi me laisser enfermer. J'écris, depuis l'aube des Terres d'Ilhyya, de la fantasy car elle est
de toutes les lames de papier, celle qui me permit le mieux de trancher avec la réalité de notre monde. Si je n'écris que par elle je ne suis homme à puiser aux sources du genre l'inspiration.
Elle, source du verbe, peut venir d'une chanson, d'un nom, d'une image, de mille choses. Et lorsqu'elle frappe de toutes ses forces ma terre des âmes, alors naissent en moi des récits nouveaux.
je ne les écrirai pas. Non point par manque de volonté ou peur de produire un mauvais texte mais par manque de temps. J'ai déjà tant à faire avec mon propre univers que je n'en créerai d'autres.
Mais ces récits qui s'imposent à moi je ne peux les ignorer. Par la plume et l'encre, par le clavier et l'écran il me les faut conserver.
Le premier me vint en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Il naquit de l'écoute d'une émission sur les bourreaux et de la lecture simultanée d'une bande dessinée
dont le titre m'échappe aujourd'hui. Un nom me vint immédiatement, celui de Jehan de Montfaucon, questeur de vérité en la cité de Paris, gardien du gibet et enquêteur. Aussitôt me vint toutes les
extrémités du récit, de la première scène et de la dernière. Quelques jalons furent entre ces lieux posés. Je m'empressais alors d'écrire ces quelques lignes. Le premier des parchemins oubliés
était né. Depuis lors d'autres naquirent, récits de science fiction, dystopies, romans historiques et autres parchemins que je noircit. S'ils se font en ces temps plus rares je n'ai jamais arrêté
de les créer, de les rassembler.
Je ne les écrirai pas j'en ai la certitude pourtant ils sont ouvrages que j'aimerai lire. Alors je décidais jadis de les rassembler en une page de mon site aujourd'hui disparue. Ces récits je les
offrait à quiconque les voulait écrire, sans demander la moindre attribution ou la moindre citation. trouver une idée de récit est chose parfois bien ardue. Si par ma plume et mon esprit je peux
aider quelques confrères et consœurs j'en serai heureux. Ils reviendront certainement ici, au sein des chroniques, dans une catégorie, voire une rubrique qui leur sera consacrée.
Ils étaient et demeurent pour moi un exercice vivifiant, me confrontent aux différents genre. Si les textes ont aujourd'hui disparu je ne m'en inquiètent guère d'autres naîtront. Je garde
toujours par devers moi papier et stylo, ne sachant jamais ni le lieu ni le moment de leur apparition. Je ne compte plus le nombre de ces parchemins oubliés que les sursauts de ma mémoire
cachèrent puis révélèrent à mes pensées. La nouvelle Ève était l'un d'entre eux, née lors de l'écoute d'une chanson des Cowboys fringants. Sitôt que je l'entendis je vis du récit les premières
scènes. En ce jour maudit je ne les pus écrire n'ayant rien sous la main. j'eus beau écouter encore et encore la chanson les images avaient disparues. puis, après quelques temps, un mois peut
être, elles me revinrent en pleine nuit, m'éveillant. Je les tenais enfin à nouveau. Alors je me levais, me précipitais sur le premier carnet venu et les inscrivis.
Je ne peux, Arpenteur, te dire ni le nombre ni la longueur de ces parchemins, ni même quand ils rejoindront les Chroniques mais je peux t'assurer que tous trouveront ici leur place. Certains
comptent moins de cent mots d'autres plus de mille. Ils sont les fulgurance de mon imagination, naissant sans crier gare. Ils sont le gisement et le minerai dont d'autres plumes façonneront les
histoires. Alors je ne chercherai pas à extraire les mécanismes du récit, à peindre des personnages qui ne s'imposent pas d'eux-même. Les parchemins oubliés sont des explosions narratives que je
couche par l'encre et le clavier aussi brutes qu'elles naquirent.
Si tu étais, Arpenteur, adelphe de plume, sens-toi libre de prendre n'importe lequel de ces parchemins et d'en écrire toute l'histoire en ton nom. J'en serai heureux et, je dois le dire, un peu
fier. Que ta plume sois féconde écrivain(e), que ta lecture sois douce lecteur/lectrice.
Illustration "Cursed Scroll" de Karol Bem

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