LE MANIFESTE DE LA CHIMère

Je me nomme Kairos Chimera, forgeron des destinées, encre des légendes. Je suis depuis plus de vingt ans le créateur des Terres d’Ilhyya, un univers de fantasy singulier. Il est ma voix, il est l’écho de mon âme, il naît de ma plume. En ces royaumes, en chaque cité, en chaque bourg, jusque dans le cœur des terres sauvages il n’existe ni âme pure ni âme vilaine. Jamais ne vécut, jamais ne vit, jamais ne vivra ce manichéisme béat trop simpliste et trop éloigné des âmes humaines. Les hommes et les femmes des peuples ont appris à respecter la nature depuis leurs plus jeunes années. Ceux qui à cette entité primordiale se croient supérieurs ou tentent de s’en rendre maîtres en paient le prix. Les sociétés humaines et animales obéissent à leurs lois, aux vertus cardinales et aux vices immondes. 

Je crée depuis des années et je créerai toujours. Ainsi je suis, ainsi je demeurerai. Mon style est baroque, riche, dense, très dense parfois et je ne le changerai pour rien ni pour personne. Il est la voix des Terres d’Ilhyya, un lointain écho que les vents portent. Mes mots sont le portails vers les légendes des royaumes et leurs mystères. Romans, nouvelles, vade-mecums et légendes perdues composent mon œuvre. Tous et toutes dévoilent les cent mille facettes de mon univers. Tu y croisera, au fil des pages de ce sanctuaire et de celles de mes livres, dragons, hommes bêtes, peuples des marais, peuple de la montagne, et tant encore.

Ces légendes tu peux toi aussi y prendre part, toute ta part. J’ai créé et développe encore les Chroniques Chimériques, un jeu de rôle où les aventuriers tracent leur voix à travers le chaos des royaumes. Chacun de leurs actes, chacune de leurs aventures marquent l’histoire des royaumes, ou cette histoire influe sur leurs aventures. Joueurs et lecteurs sont pour moi indispensables et je mets un point d’honneur à rendre ces quêtes aussi vivantes que possible.

Je crée avec mes tripes, je forge les destinées sans relâche, nuit et jour, sur le papier et en esprit. Une éternité ne suffirait pas à raconter l’histoire des royaumes. En mes œuvres pas de chevalier grandiloquent et vainqueur sans effort, pas de deus ex machina, mais des victoires qui ont le goût du sang et de la cendre, des dieux faillibles, des esprits mesquins ou honorables. En les Terres d’Ilhyya pas de nains, as d’elfes, d’orcs ou de trolls. Fini la fantasy cent mille fois vue, place aux Terres d’Ilhyya, aux sylviles, aux karthalas, aux cryoxs… Place aux princes de sang, aux lycans, au peuple des anthromycètes et à tous les autres.

Depuis plus de vingt ans je parcours les royaumes à la recherche de ces légendes que me soufflent les conteurs au temps des Veillées, que me murmurent les sages Érudits dans les salles obscures des citadelles. Elles deviennent grimoires sans jamais trahir la parole première. Je refuse les compromissions, les ajustements pour plaire au plus grand nombre.

Mes romans sont des volumes uniques, des pans de l’histoire. Mes recueils de nouvelles eux sont les légendes des Veillées que je rassemble autour d’un lien commun. Les légendes perdues sont d’antiques récits que l’oubli en ses gouffres attirait mais que quelques bardes et quelques conteurs gardaient tapies au fond de leur mémoire. Je les aide à se libérer de ces gouffres. Les vade-mecum sont grimoires des royaumes dont je fais copie et qui sont aux aventuriers toujours d’une grande aide. Les joueurs de Chroniques Chimériques les y pourront même user s’ils sont la sagesse de s’en procurer un exemplaire auprès d’un marchand.

Je n’écris pas pour vendre j’écris pour vous transporter en les royaumes, jusque dans le cœur des légendes. Je me fiche de ces courses stupides aux chiffres de toutes sortes. Je me fiche de la célébrité et des tendances, j’écris et je vis mes récits avec intensité, avec sincérité. Alors oui ce n’est peut être pas commercial ou pas vendeur. À ceux qui me le reprochent qu’ils aillent au diable et aux enfers. À ceux qui cherchent quelque chose de différent, de singulier, je souhaite la bienvenue. Si toi aussi tu entends résonner dans ton cœur l’écho des légendes et battre le cœur des Terres d’Ilhyya. Si tu entends l’appel, même diffus, même lointain alors sois le bienvenue. Les Terres d’Ilhyya t’attendent et t’ouvrent tout grand leurs portes.

Dans l’ombre et les ténèbres je demeure tapi, refusant autant que faire se peut de dévoiler mon visage ou ma voix. Seules comptent pour moi les histoires que je te livre et les légendes qui t’emportent en les Terres d’Ilhyya. Les spécialistes me disent qu’il faut me montrer, qu’il faut que tous me voient. Mais au fond de mon cœur d’écrivain et de lecteur c’est l’œuvre qui doit primer et non son créateur. Ainsi est ma vérité et la valeur que j’accorde à ta lecture Arpenteur.

Par le feu et l’ombre je forge les destinées, par la plume et l’encre j’écris les légendes.