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À LA LUEUR DES CHANDELLES : DE LA MESURE DU TEMPS

Les Terres d’Ilhyya connaissent comme nous le cycle nycthéméral mais la mesure du temps ne se fait en les royaumes par des heures, des minutes ou même des secondes. Ici les ciriers sont les véritables maîtres du temps. Ces façonneurs de bougies, de chandelles et autres cierges savent avec un précision experte mesurer le temps, connaissent le feu et la cire. Les maîtres des palais aux grimoires quant à eux connaissent d’un regard la hâte de lecture ou la lenteur de tout visiteur. Ils savent ainsi lui faire porter le juste nombre de chandelles qu’il lui faudra.

 

Aux plus hâtifs ils font, par les tisseuses et les rats porter bougie, aux sages et aux estudiantins les cierges qui, seuls, dureraient du crépuscule à l’aube. Invariablement ils voient en les chambres de verre s’étendre et mourir flammes et lueurs par une, deux ou trois. Ainsi en va le décompte du temps de lecture des parchemins et des grimoires.

 

Une chandelle représente une étincelle, lecture brève d’un court article des feuilles de choux, d’un fragment de roman, de la définition d’un mot en le Grimoire des Arpenteurs. Deux chandelles et c’est une lueur, temps plus long pour une page ou deux de lecture, pour l’étude d’une gravure, pour la contemplation d’une œuvre et la lecture de son histoire. Trois chandelles et c’est alors la veillée en laquelle le lecteur se plonge étudiant à loisir, lisant tout son saoul une courte nouvelle ou une partie de roman.

 

D’autres chandelles existent, pour d’autres usages. Mais ceci est une autre histoire.

Illustration de Denis Loebner

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